Le cas Lazarov

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– Je vous en prie, installez-vous.
Sous l’oeil impassible des néons, Madame Lazarov et sa belle-fille – d’origine bulgare – prennent place dans l’angle, sur des sièges en alu. Sur la table, parallélépipède de carton, un distributeur de mouchoirs.
– On vous a dit pourquoi vous êtes là ?
– Non, on ne nous a rien dit…
Le Monsieur en blouse blanche qui martèle nerveusement la table de son stylo en face des dames est médecin depuis 11 ans. Sur son visage, on ne lit pas grand-chose.
– On ne vous a rien dit…
– Non !
– Ca ne sert à rien de vous énerver…
Quand elle parle, Madame Lazarov, un bon mètre quatre-vingt, fait de grands gestes qui remplissent l’espace.
– Le but de cet entretien est d’abord de voir ce que vous avez compris… Donc, qu’avez-vous compris de la situation ?
– Ben… qu’il y a un problème.
L’homme en blanc prend une profonde inspiration.
– Pouvez-vous m’en dire plus ?
– Mon fils a été transféré ici il y a deux jours parce qu’il allait mieux. On nous appelé ce matin pour nous dire de venir et là on attend, depuis plus d’une heure. Personne ne nous dit ce qui se passe.
[…]