Rencontre 4 – jeudi 6 février 2019Globelivres, Renens

La médiation

Intervenants : Daniela Dughera Faraill, responsable des relations internationales de Lectures plurielles ; Pierre Crevoisier, auteur, journaliste, reporter, marin ; Blaise Hofmann, auteur

Médiation littéraire et culturelle…La thématique choisie pour cette quatrième rencontre du programme a permis à nos jeunes plumes d’appréhender les diverses manières de faire vivre leurs textes et ainsi, établir une relation avec leur public, qui échappe à la logique de la lecture intime. Ainsi, Pierre Crevoisier, auteur, marin, journaliste, a présenté les multiples initiatives qu’il a initiées en Suisse romande: Maison éclose, Trains de vie, DéLivreurs, entre mille autres choses, ou comment l’auteur devient un passeur d’histoires. Daniela Farrail Dughera, en charge des relations internationales de Lectures plurielles et du Festival du premier roman de Chambéry, a insisté sur l’importance du rapport de l’auteur à son lecteur et de la nécessité de mettre en lumière les primo-romanciers, objectif premier du festival. En français ou en italien, espagnol, portugais, allemand ou encore roumain et anglais, chaque édition du Festival accueille chaque année en mai des auteurs de premier roman francophones et européens. Blaise Hofmann a quant à lui partagé son expérience d’auteur aux multiples facettes : théâtre, spectacles musicaux, Fête des vignerons, lecture-concerts, Blaise Hofmann aime pouvoir se servir de ses mots pour explorer les autres domaines artistiques, ceci avec talent et créativité. Cette rencontre, très animée, s’est tenue à Globlivres à Renens : première bibliothèque interculturelle de Suisse fondée il y a 30 ans, Globlivres tient à disposition de ses lecteurs 35’000 livres dans 280 langues ; propose un lieu convivial et des activités pour réunir immigrés et autochtones ; établit une passerelle essentielle entre pays d’origine et pays d’accueil, et surtout permet aux uns et aux autres de découvrir la richesse et la variété du monde en éveillant l’intérêt pour d’autres cultures. La soirée s’est prolongés dans un restaurant chinois, raviolis à la vapeur, nems et nouilles sautées ont ravi les estomacs de nos invité-e-s.

Au moment de la rédaction, quand on cherche à faire sortir de soi d’innombrables images, de transformer en mots cohérents le fil de nos pensées, on ne pense pas forcément à tout l’éventail de ce que représente « l’après ». Cet « après », nous le découvrons, ou le creusons plutôt, au fil de ces rencontres qui nous sont offertes au cours de ce programme. Par une froide soirée de février, la quatrième d’entre elles nous mène à Renens non loin des rails, à Globlivres, un lieu dont je n’avais jamais entendu parler malgré ses trois décennies d’existence. C’est pourtant un endroit interculturel essentiel, où 280 langues se côtoient, couchées sur des pages qui permettent l’apprentissage d’une langue ou le retour aux sources de celle du pays d’origine.

Après la rencontre avec le lieu, commence l’autre, celle avec Pierre Crevoisier, Daniela Farrail Dughera et Blaise Hofmann, autour de cette question : « Comment faire vivre le texte autrement ? ». Entre projets donnant une autre vie à l’écrit, anecdotes de salons et de primo-romanciers, et histoires d’écrivain, la discussion est riche. L’auteur est maintenant médiateur, peut-être l’a-t-il toujours été, les avis divergeant sur ce point.

Les expériences de lecture peuvent revêtir plusieurs visages. J’en donnerai un exemple dans celles qui ont été évoquées, parmi les projets initiés par Pierre Crevoisier, dans le cadre de La Maison éclose. Par cette phrase « Est-ce que je peux vous faire un cadeau ? », ou une autre, les « DéLivreurs » portent l’œuvres d’autres auteurs et offrent un moment de lecture, ouvrent des inconnus à l’inconnu. Lire son texte ou celui des autres, est paradoxalement une forme de don de soi et d’effacement de soi en même temps. Il y a à la fois la performance dans cette action de délivrer les mots de leur cage de papier, mais aussi celle de faire en sorte de disparaître pour qu’ils soient les seuls véritables acteurs de l’échange, pour que le texte semble vivre presque de lui-même, à peine aidé par la voix.

Il ressort donc qu’après la rédaction, après avoir réussi à faire sortir de soi d’innombrables images, il est aujourd’hui incontournable de continuer à faire vivre le texte à travers d’autres biais.

Rencontre

Eh oui, il aura presque fallu attendre la fin du programme « De l’écriture à la promotion » pour que je me décide à rendre mon ressenti sur ce dernier. Diverses et multiples, mes impressions sont dans l’ensemble très favorables et je dois dire que les attentes que j’avais à ce sujet ont toutes été satisfaites. Qu’il s’agisse des rencontres avec les professionnels du milieu littéraire romand, ou plus humainement, de la découverte des neuf autres auteur-e-s, cette expérience s’est avéré des plus enrichissantes.

Le vecteur à tout cela ? Une passion commune pour les lettres grâce à laquelle chacun-e de nous peut trouver un équilibre, un sens ou une bulle d’oxygène sans laquelle la vie n’aurait pas la même saveur. D’un point de vue personnel, j’ajouterai qu’il m’a été possible de rencontrer et découvrir des personnalités aussi uniques qu’intéressantes, ce qui sans ce programme, n’aurait pas été possible.

Et puis, il y a un autre élément qu’il faut mettre en évidence pour rendre grâce aux organisateurs de ce projet. Pour faire court, je dirais que la qualité des échanges que j’ai pu avoir au sein du petit groupe que nous formons est exceptionnelle. En effet, au quotidien, il n’est pas toujours évident de trouver les personnes avec qui on peut échanger au sujet de l’écriture puisque la littérature, même dans son acception la plus large, n’est pas toujours aussi fédératrice qu’on pourrait le souhaiter. Par conséquent, je tiens à saluer les instigateurs de cette initiative qui m’aura apporté bien plus que la simple satisfaction d’avoir été « l’un des élus » de ce programme littéraire.

Puissions nous tous poursuivre nos routes respectives avec bonheur et succès, et conserver à l’esprit que ces nouveaux liens sont une véritable chance en soi.

J.P. (17.02.2019)